Au Palais Galliera, la mode retrouvée

L’exposition « la mode retrouvée » du Palais Galliera est l’occasion de découvrir un destin singulier, celui de la comtesse Greffulhe, à travers ses tenues d’exception, reflets d’une époque et d’une femme qui a inspiré à Marcel Proust son personnage de la duchesse de Guermantes.

Attirées par les yeux charbonneux et mystérieux de la comtesse Greffulhe, nous sommes allées voir l’exposition « la mode retrouvée » consacrée à sa somptueuse  garde-robe, mais aussi à son charme et sa personnalité rayonnante.

Ce fut l’occasion de découvrir une personnalité attachante, ainsi que celle de (re)découvrir ce petit musée qui, lové dans un square surplombant le Palais de Tokyo, semble être tout droit sorti d’un autre Paris.

Les yeux de la comtesse

Un destin de femme

Si l’exposition « la mode retrouvée » est exclusivement consacrée à la comtesse Greffulhe (1860-1952), son influence sur ses contemporains, son sens du style et sa personnalité solaire traversent et exacerbent les atours présentés pour refléter toute une époque, riche en salons, en jeux d’influence et en découvertes scientifiques.

Une garde-robe comme une œuvre artistique

Les robes, fourreaux et capes présentés sont superbes, et pour certaines pièces, d’un style très actuel. Lanvin, Fortuny, Worth, Babani : tous les grands stylistes de l’époque ont habillé la comtesse, le plus souvent avec des créations qu’elle a supervisé de près, afin d’être certaine de ne rien porter qui ait été déjà vu ailleurs. « Faites-moi tout ce que vous voudrez… qui ne soit pas ça«  disait-elle aux couturiers qui venaient lui présenter leurs modèles !

Son goût passe du sobre au flamboyant, de l’intime au fastueux, mais dans tous les modèles de robe se retrouve une fluidité qui rend très atemporels les modèles exposés. Avant-gardiste, parfois royale, parfois orientaliste, cette mode fut pour la comtesse un véritable moyen d’expression, « les livres qu’elle n’aura pas écrits, les toiles qu’elle n’aura pas peintes« …

A propos de crayons, les photos étant interdites, il est conseillé d’emmener son carnet de croquis !

Plusieurs tenues sont parcourues de fils aux reflets changeants, ou couvertes de pierres, ou encore satinées, et l’on imagine aisément l’effet merveilleux qu’elles devaient produire le soir, à la lumière vacillante des bougies.

C’est d’ailleurs l’un des charmes de cette exposition que de donner à imaginer cette vie fastueuse menée par une femme intelligente, en soulevant le voile sur son univers; ainsi, des dessins d’elle par Helleu n’avaient ainsi jamais été montrés, jugés trop intimes.

Dessin de la comtesse Greffulhe

La comtesse de dos, dessin de Paul-César Helleu

Vous rappelez-vous la scène dans « Titanic » où la porte s’ouvre sur la salle de bal, faisant passer le spectateur de l’épave à la féerie ? Et bien c’est un peu l’effet que procure cette exposition !

Une muse

La comtesse, ses yeux « comme des harpons » dont elle connaissait l’effet qu’ils produisaient, sa silhouette longiligne et sa présence ont fait très forte impressions sur Marcel Proust, qui écrivit : « Elle est difficile à juger, sans doute parce que juger c’est comparer, et qu’aucun élément n’entre en elle qu’on ait pu voir chez aucune autre – ni même nulle part ailleurs. Mais tout le mystère de sa beauté est dans l’éclat, dans l’énigme surtout de ses yeux. Je n’ai jamais vu une femme aussi belle« .  C’est ainsi qu’est née dans l’imagination de l’écrivain le personnage central de la duchesse de Guermantes. Elle inspira également Richard Wagner et Gabriel Fauré.

Une personnalité pas si frivole

Témoin d’un monde disparu au tournant du XXème siècle, la comtesse Greffulhe a mené une vie longue et riche. Outre son goût pour les arts et le faste, elle a animé et influencé des cercles diplomatiques, œuvré pour les droits des femmes, soutenu le capitaine Dreyfus, et enfin encouragé les travaux scientifiques d’Edouard Branly ainsi que de Marie Curie.

Portait par Paul Nadar

Portrait par Paul Nadar, vers 1887

A lire aussi : exposition « Anatomie d’une collection », au Palais Galliera, à voir jusqu’en février 2017

 

Palais Galliera

10, avenue Pierre 1er de Serbie, 75116 Paris (Iéna/ Alma-Marceau)

L’exposition « la mode retrouvée » se tient jusqu’au 20 mars.

Age : dès 5 ans

Tarifs : 6€/ 8€ – gratuit pour les moins de 18 ans

Accessibilité : accès handicapés et visite en langue des signes (se renseigner sur les horaires)

Fermé le lundi; nocturne le jeudi jusqu’à 21h.

Le + : le Palais Galliera propose différents ateliers et visites contées pour les enfants et les familles; il est également possible d’y organiser des goûters d’anniversaire en privatisant l’un de ces ateliers, dont les noms font rêver: « mon truc en plumes » ou « les mitaines bijoux » ! Retrouvez tous les détails ici.

Attention : le Palais Galliera n’a pas de collection permanente et est fermé en dehors des périodes d’expositions temporaires.

 

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